Donne-moi ce temps que je ne veux pas, ni pour le perdre, ni pour le gagner…
Montre-moi ce que je ne saisis pas, ces subtilités qui ne cessent de m’échapper et me perdent dans le dédale de ces villes tentaculaires, monstrueuses à tout bouffer, jamais rassasiées.
Que puis-je apprendre ?
Que puis-je comprendre ?
Tout ce temps qui ne sert à personne. Tout ce temps donné qui m’échappe comme un flot impétueux de paroles imbéciles. De cette lumière vers cette ombre…
De cette obscurité à être aveuglé par tant d’éclat pour se ternir au bout d’une nuit. Juste une fin qui s’annonce, sans cesse, le carton d’invitation à la main mais toujours refoulée par le gardien du temple, alors s’asseoir dans l’antichambre et attendre. Eprouver cette sempiternelle impatience qui me fait bouillir le cœur, à presque rompre la respiration pour tout faire chambouler. Juste un espace pour attendre…
L’Ame, cette âme, me parle. Elle me dit tous ces mots que je ne sais pas transcrire. Je ne suis pas un faiseur de mots faciles à répandre pour éblouir d’une larme, toi la femme, assise, sage, dans ton canapé, près de ton feu, auprès des tiens.
Que recherches-tu dans tes lectures ?
Qu’aurais-je à dire qui pourrait te faire fondre ?
Aucun de ces mots qui pourraient me découvrir.
Aucune de ces émotions faciles à transcrire pour caresser tes reins. Mon âme me parle, mais il n’y a que moi pour l’entendre… Je ne suis pas un chanteur de blues qui, par une voix rauque, cassée, alcoolisée, te toucherait au plus profond de toi.
Je ne suis juste que cette âme qui passe…
Presque sans heurts, sans bonne heure, ni mauvaise heure, juste un souffle qui caresse tes cheveux sur la nuque. Je ne suis que ça…
Un courant d’air…

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